Rouge de Pascaline Nolot #PLIB2021

Date de parution : 20 Mai 2020
Nombre de pages : 320
Éditions : Gulf Stream
ISBN : 9782354887858 #ISBN9782354887858
Format : Numérique ou Papier
Prix : 10,99 euros – Prix Broché : 17 euros
Genre : Fantasy, Réécriture de conte

Résumé :

Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C’est là que survit Rouge, rejetée à cause d’une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu’il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal. Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d’autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s’engager dans les bois afin d’y rejoindre l’inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou bien un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s’en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n’est jamais revenue…

“Un récit où le merveilleux se mêle à l’horreur et où l’innocence se dilue implacablement dans le sang. Un conte sensible, sombre et envoûtant qui ne cherche à épargner personne, et surtout pas son lecteur.”

Mon avis :

Rouge est le dernier roman que j’ai lu dans le cadre du PLIB 2021. Parmi les cinq finalistes, je pense que c’est celui qui me marquera le plus longtemps.

Initialement inspiré du « Petit Chaperon rouge », Pascaline Nolot se réapproprie totalement les personnages et propose une histoire fort différente du conte original. On retrouve quelques ressemblances dans les petits détails tels que certains noms ou le panier chargé de provisions mais il n’y a pas de comparaison possible tant la trame et le rôle des uns et des autres changent.

Dès le premier chapitre, l’autrice annonce un récit sombre. Au fil des pages, la violence monte et prend diverses formes atteignant son paroxysme à partir du chapitre 12. Je dois avouer que ce passage m’a complétement retourné le cerveau et même donné la nausée. De plus, il est suivi d’un chapitre qui reste dans la même veine en terme de brutalité. J’ai alors compris que je ne pourrais pas ressortir indemne de cette histoire. Ce roman est éprouvant mais dénonce parfaitement les violences sexuelles envers les femmes ainsi que le harcèlement, le culte de la beauté ou encore le poids des normes sociales. Je ne sais pas si les lecteurs masculins auront le même ressenti que les lectrices. Pour ma part, j’ai eu l’impression de vivre certains moments comme si je ne formais plus qu’une seule et même personne avec notre héroïne, ce qui était à la fois déstabilisant et incroyablement puissant.

Ce récit nous raconte l’histoire de Rouge, une jeune fille rejetée à cause d’une particularité physique. J’ai été choquée plus d’une fois par la cruauté des villageois à son égard. J’avais envie de protéger Rouge et de la soutenir. Elle n’a absolument rien fait et ne mérite en aucun cas ce qui lui arrive. Personne ne devrait vivre ça. D’ailleurs, malgré toute cette haine, elle garde confiance en l’humanité et ne devient pas comme ses bourreaux. Il lui arrive d’être en colère, de vouloir se venger mais à aucun moment elle ne passe à l’acte. J’ai aimé ce choix de l’autrice qui diffère des textes où la victime devient elle-même tortionnaire. Ces derniers ne véhiculent pas le bon exemple selon moi. Ici, Rouge essaie de raisonner les autres, de défendre la vérité. Elle fait preuve de courage et de maturité. Je me suis vraiment prise d’affection pour elle et j’ai adoré son évolution tout au long du récit.

Heureusement, notre héroïne possède quelques amis, principalement des animaux, mais aussi Liénor, un garçon de son âge. Ce personnage peut sembler passif car il ne prend pas ouvertement la défense de son amie. Pour ma part, je pouvais comprendre ses craintes et j’ai apprécié qu’il préfère rester en retrait ou essaie de dissuader ses camarades d’embêter Rouge en leur proposant d’autres jeux. Evidemment que ce n’est pas suffisant, toutefois, Liénor n’est qu’un jeune garçon qui ne peut pas grand chose face au reste du village, enfants et adultes compris. Par ailleurs, on en apprend davantage sur lui à la fin du récit ce qui était aussi surprenant qu’émouvant. Une touche de lumière dans ce roman si dur !

En outre, on retrouve d’autres protagonistes très marquants à l’image de la Grand-Mère. Je ne m’attendais pas du tout à ce type de personnage et j’ai adoré l’ambiance mystérieuse/creepy qui s’empare du récit à ce moment là. Cette rencontre marque également un tournant important dans l’intrigue, il devient alors impossible de lâcher cette histoire sans obtenir toutes les réponses à nos questions. Je n’avais pas vu venir certaines révélations. J’ai haï tellement de personnages, dont un en particulier qui est si écœurant, si abject et qui, en plus de ça, refuse de voir le monstre qu’il est réellement.

Enfin, je suis triste de la façon dont certains points ont été résolus, cependant ce sont des choix judicieux de la part de Pascaline Nolot. Ils font écho à notre société où les victimes n’obtiennent pas la justice qu’elles peuvent espérer. Il n’y a pas d’atténuation des faits mais une illustration de la vérité.

En bref, cette lecture est une des plus marquantes de mon année 2021. C’est un texte difficile à lire qui aborde des sujets importants et actuels avec justesse. Je me suis tout simplement pris une claque !

Vis à vis du PLIB, je pourrais totalement comprendre qu’il puisse être LE finaliste. Personnellement, je lui attribue la seconde place pour la simple raison qu’il ne pourra pas être lu par tous tant il est violent et cru. J’ai préféré soutenir Steam Sailors qui est, en plus, un primo-roman pour l’autrice Ellie S. Green. Merci aux éditions Gulf Stream d’avoir publié ces deux textes si différents qui ont été d’excellentes lectures.

Pour en savoir plus sur ce roman, voici quelques liens :

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. C’est amusant parce que l’an dernier, avec mon professeur de français, on a retravaillé pas mal de contes, et notamment ce des Grimm. Et figure toi que mal d’entre eux, dont le Chaperon Rouge, ont un sens caché assez terrifiant, qui sert à « métaphoriser » la réalité. Alors, quand j’ai lu ta chronique, j’ai de suite pensé à ça. Je pense que je lirais ce livre très prochainement ; mais d’abord, il faut que je me renforce un petit peu moralement, parce que ce livre risque de vraiment me ravager si, comme tu le dis, il est assez bouleversant.

    Merci pour ton partage en tout cas, j’ai adoré lire ta chronique ^^
    Cloé.

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